Compte Rendu : Atelier – Accueil des Etudiants Etrangers

Compte Rendu : Atelier – Accueil des Etudiants Etrangers

 

Intervenants: Claude BEILIN, secrétaire fédérale à la citoyenneté, à l’intégration et à la laïcité, Samuel LOPES , animateur fédéral du MJS Sarthe et la Ligue des Droits de l’Homme, représentée par son président, Christian MERCIER. La réunion s’est déroulée devant un public varié : étudiants, professeurs, représentants de l’UNEF, d’une association d’accueil des étudiants ESEM, de militants MJC, du PS (membres du conseil fédéral et du secrétariat fédéral).

 

Les temps forts du débat:

État des lieux, 290 000 étudiants étrangers venant principalement de Chine, Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal…. En 18 ans, la France est passée du 3ème rang au 5ème des nations accueillant des étudiants étrangers. A l’Université du Maine, au Mans, 2332 étudiants étrangers.

Un rayonnement important, mais fragilisé par les «lois Sarkozy» et finalement la «loi Guéant» qui limitait de façon draconienne le passage du diplôme au stage et au travail. Il faut ajouter à cela une complexification des démarches, des mesures dissuasives, des propos stigmatisants.

Nouvelle orientation, avancée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et les Ministères de l’Intérieur et des Affaires Étrangères. Il s’agit de s’ouvrir davantage à l’étranger, en particulier en direction des pays émergents et de l’Afrique. Renforcer la recherche, l’innovation, l’impact culturel en France comme dans les pays d’origine des étudiants.

Première mesure prise le 21 mai: l’abrogation de la loi Guéant. Le document qui apporte une réponse à la question posée dans cet atelier « accueil des étudiants étrangers en France » est le texte de la Sénatrice Gillot exposé le 12 février 2013, texte qui est repris plus tard et dont on retrouve les principales dispositions dans le discours de Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement Supérieur devant le Sénat le 24 avril 2013, dont on peut extraire de grandes évolutions:

  1. La généralisation du titre de séjour pluriannuel, donc valable pour tout un cycle d’étude, tout d’abord pour Master et Doctorat, et qui pourrait être généralisé à la licence après une décision législative.
  2. Sécuriser les premières expériences professionnelles. Pour cela, favoriser la transition du statut d’étudiant à celui de salarié, en allongeant la durée de l’autorisation provisoire de séjour.
  3. Le souhait de proposer aux étudiants étrangers ayant soutenu un doctorat en Franceune forme de visa permanent pour visiter notre pays chaque fois que le besoin s’en fait sentir:conférences, participation à des partenariats universitaires.
  4. Enfin, à propos du sens premier du mot « accueil », amélioration sensible avec la création d’un guichet unique regroupant au plus près des lieux de formation les services de la préfecture, de la CAF, des œuvres universitaires.
  5. Améliorer la lisibilité de notre enseignement supérieur à l’étranger et simplifier l’offre de formation
  6. Des mesures en faveur du logement étudiant

 

Intervenant Christian MERCIER, Président de la Ligue des Droits de l’Homme pour la Sarthe, invité à notre débat:

Il prend acte de l’évolution favorable de la politique du gouvernement en direction des étudiants étrangers. Toutefois, il note qu’il attend « l’application de ces mesures, se méfiant des effets d’annonce ». Il intervient de façon très intéressante pour la suite du débat, sur la lenteur et l’inertie des institutions qui délivrent les visas à l’étranger, ambassades et consulats. Ce sujet sera repris par l’assistance de façon très pertinente.

 

Intervenant Samuel LOPES, président du Mouvement des Jeunes Socialistes sarthois :

Samuel rappelle que l’effort doit être fait en direction de l’accueil de ceux qui permettent la diversité de la France, échange de bons procédés pour permettre aux français de voyager et d’acquérir des connaissances à leur tour. Ce sujet, c’est aussi celui de la fraternité entre les peuples, de l’ouverture de la France à la culture de toutes les nations, d’un passage d’étrangers qui pourront amener la culture et le français de notre pays vers les leurs,…

Le MJS local se joint au communiqué du bureau national pour saluer les réformes pour améliorer l’accueil des étudiants étrangers en France, et rappelle la rupture avec l’attitude méprisante du gouvernement précédent à l’égard des étudiants. Samuel ajoute que les solutions ne viendront pas sans un véritable chantier de réorganisation : il faudra soutenir la cohérence de la chaîne d’accueil, inciter à la création de meilleurs instruments d’information et d’orientation, développer les relations internationales, renforcer les dispositifs incitatifs,…

 

Débat avec la salle :

La carte de séjour pluriannuelle convient mieux à la stabilité des étudiants et désengorge les services de renouvellement. Un professeur fait remarquer que jusqu’à ce changement un étudiant peut se retrouver sans titre de séjour entre deux demandes (allongement des délais pour obtenir un rendez-vous à la Préfecture). Ceci est confirmé par Christian Mercier, LDH et RESF, qui sont confrontés à des situations très compliquées.

Un autre professeur insiste sur un point extrêmement pénalisant pour l’étudiant et le cours lui-même: Il n’y a pas toujours coïncidence entre la rentrée universitaire et l’arrivée de l’étudiant étranger, problème dû à la lenteur des services préfectotaux à délivrer les cartes de séjour. Ceci ajoute à la difficulté d’entrer dans une université nouvelle celle de devoir rattraper des cours déjà commencés. En plus, l’étudiant ne peut pas profiter de l’introduction pédagogique de l’année universitaire. Il est possible et nécessaire de trouver une solution à ce problème. (LDH et UNEF confirment cette insuffisance des services qui délivrent les cartes de séjour)

Il serait intéressant de rester en contact avec ces professeurs acteurs quotidiens de ces situations.

Le problème des redoublements: Dans l’optique de la délivrance des cartes de séjour pluriannuelles,que se passera-t-il dans le cas de redoublement ou de changement d’orientation? Ce problème est soulevé par les membres de l’UNEF et demande une clarification.

L’évolution des bourses: nombreuses et compliquées à différencier et à obtenir. Sur le sujet des revenus des étudiants étrangers, l’UNEF pointe une règle qui veut qu’ils puissent prouver pouvoir disposer d’une somme annuelle importante… souvent difficile à assurer.

L’utilisation de l’anglais dans certains cours en parallèle au français, proposé par la Ministre comme pouvant ajouter de l’attractivité à nos universités…Disposition très controversée. Un professeur pense qu’il faut mieux « mettre en valeur » nos universités à l’étranger: la qualité des enseignements devant permettre de faire venir des étudiants, même des pays anglophones (Inde, Asie). Le débat est lancé.

L’aspect social de l’accueil est de nouveau soulevé à propos du logement. Il semble qu’au Mans, ce ne soit pas un problème sérieux. Par contre dans beaucoup de grandes villes, l’UNEF soulève l’extrême difficulté pour se loger, entraînant ainsi une paupérisation des étudiants.

La représentante de l’association ESEM confirme qu’à travers leurs rencontres amicales avec des étudiants étrangers, ils sont témoins de grandes difficultés individuelles.

 

En conclusion, ce débat a permis, sans doute, de mettre en avant, malgré l’évolution positive du statut d’étudiant étranger,des réflexions très intéressantes qui permettraient d’améliorer la vie de ceux-ci, souvent en simplifiant et en clarifiant les procédures.

 

Claude BEILIN,

Secrétaire Fédérale à la citoyenneté, à l’intégration et à la laïcité.