Convention Nationale Europe : Discours de Christophe Rouillon

Convention Nationale Europe : Discours de Christophe Rouillon

Discours de Christophe Rouillon

Convention nationale du Parti Socialiste

La Mutualité, la dimanche 16 juin 2013

Pour voir la vidéo du discours, cliquez ici.

Chers amis, Chers camarades,

Je m’adresse à vous, ce matin, en tant que délégué national chargé de l’Europe au sein de la Fédération des Élus Socialistes et Républicains.

L’Europe des conservateurs est abstraite, injuste et sourde aux attentes de nos concitoyens terriblement frappés par la crise.

L’Europe concrète se construit avec les collectivités locales de septembre 2012, 100.000 communes, villes, régions dans tous les pays de l’Union qui réalisent 80% des investissements.

Selon un sondage Euro baromètre, les élus locaux, les maires sont les mieux placés pour être les porte-paroles de l’Europe.

En tant que Vice-président de l’association des maires de France, membre du Comité des Régions de l’Union européenne, mes amendements validés par la FNESER défendent l’Europe des collectivités locales. Ils ont été intégrés dans le texte final de notre Convention nationale.

Le premier amendement concerne notre demande d’exclure du champ de la concurrence les Services Sociaux d’Intérêt Général qui sont indispensables à la cohésion sociale et à l’accès de tous à prix abordables à des services essentiels.

L’Europe n’a pas à décider de la privatisation des maisons de retraite, du logement social, des cantines ou encore des activités culturelles ou sportives.

Notre deuxième amendement concerne le rôle central des collectivités locales pour relancer l’économie et créer des emplois.

Depuis 2007, 189 000 emplois sont directement attribuables aux projets mis en œuvre par les collectivités locales et subventionnés par l’Europe.

Ce sont les collectivités locales qui décideront des projets éligibles à la politique de cohésion économique, sociale et territoriale dotée sur 7 ans d’un budget de 376 milliards d’euros pour les 28 pays membres dont 20 milliards pour la France.

Vous avez chacun des exemples de chantiers réalisés grâce à des subventions européennes. Il est indispensable de le faire savoir à nos concitoyens.

En outre, nous voulons que les dépenses d’investissements publics à long-terme, notamment en matière d’éducation et de services sociaux ainsi que les investissements de transition énergétique, soient exclues du calcul des déficits prévu dans le pacte de stabilité.

Ce sont aussi les régions, les départements et les villes qui doivent mettre en œuvre le dispositif pour l’emploi «garantie jeunesse» représentant un budget de 6 milliards d’euros sur 2 ans.

Ce seront les collectivités territoriales qui mettront en œuvre le plan de relance annexé au pacte de stabilité. En France, Il porte sur 2,5 milliards de prêts de la Banque Européenne d’Investissement et 2 milliards de FEDER.

Je salue de ce point de vue l’action du Président de la République François Hollande et de son gouvernement qui, aux cotés du parlement européen et de son président Martin Schultz, a contribué à sauver la politique de cohésion territoriale et les aides à l’innovation alors que les conservateurs souhaitaient diminuer de 200 milliards d’euros le budget total de l’Union.

Pour l’élection européenne du 25 mai 2014, dans moins d’un an, face à la désaffection de nos concitoyens et face au risque de l’abstention, faisons une communication de bas en haut, « bottom up » et non, « top down », du sommet vers la base.

Passons de l’Europe des incantations populistes à l’Europe du concret !

En raison du télescopage avec les municipales, la campagne des européennes durera à peine deux mois. Je vous incite donc à intégrer dans vos programmes municipaux des projets pouvant être financés par l’Europe.

A votre disposition pour vous y aider. J’annonce d’ailleurs deux sessions de formation sur l’Europe à La Rochelle fin août et à Bruxelles en octobre.

Depuis le Traité de Lisbonne et l’extension du domaine de la co-décision législative entre le parlement et le Conseil des ministres, les députés européens ont un rôle fondamental dans l‘élaboration des lois applicables aux collectivités locales à 80 % d’origine européenne.

Notre ambition doit être de constituer une délégation socialiste française renforcée au parlement européen, une délégation solide et expérimentée. 13 eurodéputés Socialiste c’est très insuffisants pour bâtir notre Union Européenne et appliquer le programme que nous allons voter aujourd’hui.

Ne cédons pas au catastrophisme : pensons global, agissons local !

Il reste moins d’un an pour résister â ceux qui utilisent l’Europe comme bouc émissaire, ceux qui veulent une Europe a minima, et à ceux qui veulent détruire nos valeurs et la démocratie.

A l’attaque pour gagner, relancer l’économie et bâtir au quotidien l’Europe que nous aimons, l’Europe que nous voulons !

Merci de votre attention