Voeu pour l’accès des 26 – 29 ans aux dispositifs jeunesse (à l’initiative des sections Le Mans I et Le Mans III)

Vœu pour l’accès des 26 – 29 ans aux dispositifs jeunesse

Adopté par le Parti Socialiste Sarthe et le MJS Sarthe

 

  Nous sommes jeunes et socialistes. Nous avons porté François Hollande, candidat de la jeunesse, à la présidence de la République. Tout comme lui, nous souhaitons que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012. Comme il l’a souhaité, son mandat sera jugé sur ce défi. La promesse semble tenue: depuis 1 an, le gouvernement s’engage à travers les emplois d’avenir et les contrats de génération. Il était grand temps d’aller au sauvetage d’une jeunesse jusqu’alors laissée à l’abandon. Hélas, nous constatons que ces dispositifs ne concernent pas toute la jeunesse, et que ce sont ces jeunes oubliés qui souffrent le plus de la crise.

 

   Cette jeunesse oubliée, c’est celle qui a connu 10 ans de droite. C’est la première à qui l’on a expliqué que l’industrie était en déclin. Celle à qui l’on a dit qu’il faudrait réaliser de plus longues études, sans pour autant les aider à les réaliser, creusant un peu plus le fossé entre les catégories socio-professionnelles. Ainsi, les enfants issus de foyer défavorisés n’ont pu continuer leurs études sans exercer une activité professionnelle, diminuant leurs chances d’obtenir un diplôme. C’est la même à qui l’on racontait que la télécommunication était un eldorado pour les jeunes sans formation, avant leur délocalisation quelques années plus tard. C’est aussi la première à qui l’on a appris qu’il faudrait se former à plusieurs métiers tout au long de sa vie. C’est celle surtout, qui a joué le rôle de variable d’ajustement sur le marché du travail multipliant les CDD, se faisant toujours jeter en premier.

   Ceux qui n’ont pu, après un tel parcours du combattant, avoir accès à un emploi stable ou à une formation complémentaire, sont aujourd’hui les premiers à souffrir de la hausse du chômage. Pour eux, « un emploi d’avenir », d’une durée de 3 ans doublé d’une formation au SMIC, c’est souvent plus qu’ils ne peuvent désormais espérer.

   Cette génération qui n’était pas assez vieille pour les emplois jeunes, est celle qui n’est plus assez jeune pour les emplois d’avenir. Nés entre 1984 et 1987, ils sont âgés aujourd’hui de 26 à 29 ans.

 

   Car toutes les nouvelles politiques publiques envers les jeunes se limitent encore et toujours aux moins de 25 ans. Or, la société actuelle n’est plus la même que par le passé. Il est établi l’augmentation du décrochage scolaire, l’allongement des études et la difficulté à l’accès au premier emploi stable. De fait, des jeunes de plus de 25 ans se trouvent dans une situation similaire aux 18 à 24 ans. En témoignent les enquêtes de l’INSEE sur l’emploi, qui ne se méprend pas en établissant leurs statistiques de la jeunesse entre 15 ans et 29 ans.

   En 2011, la part de chômage de la population était de 6,5%; celle des 15 à 29 ans de 9,3%. Nous constatons un pourcentage plus élevé que le reste de la population, dû essentiellement aux jeunes de 20 à 24 ans (12,3%) et à ceux de 25 à 29 ans (11%). Pour la tranche des 15-19 ans, la part de chômage est de 4,4%. Nous comprenons la nécessité de lutter contre le décrochage scolaire et l’installation dans la précarité dès le plus jeune age. Cependant, il nous paraît injustifié que ces dispositifs d’aides à l’emploi et à la formation ne soient pas accessibles aux plus de 25 ans, plus durement touchés.

   Plus alarmant encore, la part des jeunes ni en emploi, ni en formation explose pour les 25 à 29 ans pour atteindre les 19,6%. Lorsque la tranche des jeunes de 15 à 19 ans, encore majoritairement scolarisée, n’atteint que les 6,2%. Cela traduit un énorme problème d’inactivité pour les jeunes nés entre 1984 et 1987. Sans possibilité égale de reconversion par la formation, où ils seront mis en concurrence, malgré ces chiffres désastreux, sur le même terrain que d’autres actifs plus âgés et plus expérimentés. Cette partie de la population, peu qualifiée, qui n’a jamais connu l’emploi stable peine à sortir de la précarité.

 

   « Entre 2007 et 2010, 22 % des jeunes, principalement non diplômés, ayant débuté leur vie active en 2007 par le chômage n’ont ensuite jamais occupé d’emploi. La perpétuation de cette situation de chômage, qualifiée d’«effet cicatrice», est un enjeu des politiques publiques de jeunesse. » dixit le comité interministériel de la jeunesse.

   Malheureusement, les mesures en place et à l’étude confirment que cette génération reste oubliée. Pourtant, 1 jeune sur 5 est sans emploi et sans formation non jusqu’à 25 ans, mais jusqu’à 29 ans. Dès lors, comment expliquer que l’ensemble de ces mesures ne concernent pas toutes les jeunes générations en difficulté? Cette génération a encore moins de travail et de formation que les 18 à 24 ans. Pour eux, aucune aide à l’emploi, aucun dispositif spécifique à la formation, aucune solution d’avenir ne sont envisagés.

 

   Notre demande est simple: nous appelons le gouvernement à résoudre cette inégalité, en permettant aux jeunes de 26 à 29 ans d’accéder aux nouveaux dispositifs d’emploi et de formation pour la jeunesse.

   En tant que socialiste, nous ne pouvons laisser une génération entière se sacrifier. Puisque le futur bilan du Président de la République sera jugé sur la réussite de la jeunesse, il a le devoir de ne pas abandonner toute une partie d’entre-nous.

 

Rédigé par Samuel LOPES (section Le Mans III) et Quentin Portier (section Le Mans I)