Etats généraux - Contribution de Christophe Counil, Premier Fédéral  : "Affirmer et assumer la social-démocratie"

Etats généraux – Contribution de Christophe Counil, Premier Fédéral : « Affirmer et assumer la social-démocratie »

La social-démocratie trouve ses origines dans la période qui suit les révolutions européennes du milieu du XIXème siècle. À cette époque, le terme social-démocrate apparaît en Allemagne pour désigner ceux qui ajoutent, à la revendication de la démocratie politique (instauration du suffrage universel), la revendication sociale visant à améliorer la condition de la classe ouvrière.

Alors que le Parti social-démocrate allemand renonce à la rupture avec le capitalisme et se rallie à l’économie de marché lors du Congrès de Bad-Godesberg en 1959, il faut attendre le Congrès de l’Arche en décembre 1991, pour que le Parti socialiste français mette enfin en conformité ses paroles avec ses actes en adoptant une nouvelle déclaration de principe : Parti de transformation sociale, il considère qu’il s’inscrit ainsi « dans la démarche historique du socialisme démocratique ».

Voilà donc plus de vingt ans que le PS est officiellement un mouvement social-démocrate. A la lumière de ce rappel historique, il est assez consternant de lire l’ensemble des commentaires évoquant le supposé tournant social-démocrate de notre formation politique depuis son retour au pouvoir.

Si aujourd’hui, le combat pour la Démocratie n’est plus celui du XIXème siècle, les Socialistes doivent exercer une grande vigilance pour permettre à notre démocratie de rester vivante dans le cœur des Français. L’importance accordée par le gouvernement à la Démocratie sociale est en ce sens essentielle car seuls les échanges entre partenaires sociaux (pour peu qu’ils jouent le jeu) sont à même de faire progresser les droits de chacun dans le respect mutuel. Le développement de la Démocratie de proximité doit également devenir une des clés du renforcement de la Démocratie en France ; les Socialistes n’ont pas à rougir de leurs actions, notamment au sein des Collectivités locales que nous dirigeons, mais nous devons poursuivre nos efforts pour associer le mieux possible nos concitoyens aux évolutions qui les concernent. Enfin, l’exemplarité des élus, le respect des engagements pris, l’instauration du non-cumul des mandats doivent également devenir des règles intangibles afin de redonner à l’action publique toutes ses lettres de noblesse.

De même, si les luttes sociales ont progressivement pris d’autres formes, notre action ne doit pas, pour autant, perdre de vue notre volonté permanente de transformation de la société pour l’adapter aux temps nouveaux en continuant à offrir aux plus modestes ou au plus fragiles le soutien qu’ils sont en droit d’attendre de la solidarité nationale. Dans un contexte difficile cela impose des efforts qui doivent être justement répartis entre les différentes catégories de citoyens. En ce sens, il nous appartient collectivement de réhabiliter le rôle de l’impôt qui constitue le socle de la vie en collectivité. De même, les Socialistes doivent rester les fers de lance des réformes sociétales qui permettent de faire progresser les droits de chacun à vivre sa vie selon ses propres choix.

Être socialiste, aujourd’hui, c’est se battre pour faire vivre la Démocratie et réformer la société. Être socialiste, aujourd’hui, c’est pleinement s’affirmer Social-Démocrate.

Alors, profitons, de nos États généraux pour affirmer haut et clair que le Parti socialiste est un Parti social-démocrate.

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