Édito. Faire évoluer la négociation sociale.

Édito. Faire évoluer la négociation sociale.

Alors que le texte de la loi travail a été largement modifié depuis sa version initiale, au point que le Medef qui la soutenait alors, rejette la version actuelle, les tensions se cristallisent sur l’article 2.

Cet article porte sur la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche en ce qui concerne l’organisation et la durée du temps de travail. Il rend possible une négociation collective aux plus près des besoins de l’entreprise et permet de sauvegarder l’emploi lors des périodes de difficultés économiques et le dynamisme des entreprises lors des périodes de reprise.

Beaucoup craignent que ces accords soient défavorables aux salariés, pourtant des gardes fous existent à commencer par l’ordre public social et le code du Travail. Tout d’abord, les accords devront être signés par des syndicats majoritaires dans l’entreprise. Pourquoi un syndicat représentatif signerait-il un accord défavorable à ses intérêts ? Enfin, en l’absence d’accord, le code du travail est la règle et la convention collective s’applique. 

Mais, oui, le texte proposé par le gouvernement soutient la ligne social-démocrate qui est la nôtre, dans laquelle le dialogue social doit sortir d’une vision étatiste et centralisée pour donner plus de pouvoir aux acteurs de terrain. La Loi El Khomri n’est pas une rupture, elle se situe dans la continuité logique de la décentralisation des négociations collectives en France déjà bien avancé depuis 1982 avec les lois Auroux qui rendaient obligatoire la négociation d’entreprise. 

Ces nouvelles dispositions permettent de donner plus de responsabilités aux syndicats mais ces derniers doivent jouer le jeu sous peine de nuire aux avancées sociales du texte. Si les syndicats réformistes se sont pleinement engagés en ce sens, d’autres s’y opposent et, faute d’une mobilisation forte de la population, tentent le blocage du pays. 

Nous ne pouvons pas accepter les violences actuelles qui dégradent le dialogue social de notre pays et in fine la défense des salariés. Une négociation apaisée et la recherche de compromis « gagnant-gagnant » sont la seule issue possible pour garantir la défense des droits fondamentaux que les salariés réclament.

signature_chcounil