Être Socialiste Aujourd’hui et Demain : Contribution de la Fédération de la Sarthe du Parti Socialiste

Dans le cadre des Forums de la Refondation, la Fédération de la Sarthe du Parti socialiste a organisé 18 réunions sur l’ensemble du territoire départemental pour recueillir la parole des militants. Chaque réunion était conjointement animée par un responsable fédéral et le(s) secrétaire(s) de section concerné(s). De ces échanges est née cette contribution qui tente avec toutes les imperfections de ce genre d’exercice de faire la synthèse de ces débats qui furent à la fois riches et variés. De même, s’il n’est pas simple de la résumer en quelques lignes, j’ai souhaité mettre en exergue quelques grandes idées :

  • La fierté des socialistes sarthois

Les socialistes sarthois sont fiers d’appartenir à ce grand mouvement politique qui a fortement contribué à moderniser la France en menant des réformes sociales et sociétales qui ne font plus débat aujourd’hui.

Les socialistes sarthois sont fiers de l’action des gouvernements successifs qui, de 2012 à 2017, sous la conduite de François Hollande, ont protégé les Français dans un moment difficile, engagé des réformes importantes et contribué à relancer l’économie française.

Les socialistes sarthois sont fiers de l’action de leurs élus-es qui sur les territoires incarnent une réelle proximité et développent des politiques fidèles à nos valeurs.

Pour autant, cela ne doit pas nous exonérer d’un regard lucide sur notre fonctionnement et action durant ces dernières années comme le fait cette contribution avec beaucoup de sincérité.

  • Le choix de la sociale démocratie

Si aujourd’hui, le combat pour la Démocratie n’est plus celui du XIXème siècle, les Socialistes doivent exercer une grande vigilance pour permettre à notre démocratie de rester vivante dans le cœur des Français. L’importance accordée par le Parti socialiste à la Démocratie sociale est en ce sens essentielle car seuls les échanges entre partenaires sociaux sont à même de faire progresser les droits de chacun dans le respect mutuel.

De même, si les luttes sociales ont progressivement pris d’autres formes, notre action ne doit pas, pour autant, perdre de vue notre volonté permanente de transformation de la société pour l’adapter aux temps nouveaux en continuant à offrir aux plus modestes ou au plus fragiles le soutien qu’ils sont en droit d’attendre de la solidarité nationale. Dans un contexte difficile cela impose des efforts qui doivent être justement répartis entre les différentes catégories de citoyens. En ce sens, il nous appartient collectivement de réhabiliter le rôle de l’impôt qui constitue le socle de la vie en collectivité. De même, les Socialistes doivent rester les fers de lance des réformes sociétales qui permettent de faire progresser les droits de chacun à vivre sa vie selon ses propres choix.

  • Le choix de l’Europe

Profondément européens, les Socialistes doivent, parce qu’ils sont organisés à l’échelle européenne, peser plus fortement sur le destin de l’Union européenne en permettant sa réorientation pour plus de croissance et plus de protection dans le respect de notre environnement et de notre cadre de vie.

  • Un nouveau Parti socialiste

Si nous sommes fiers d’appartenir au Parti socialiste, nous souhaitons qu’il se réforme en profondeur en mettant les militants au cœur de son fonctionnement politique tout en ouvrant ses portes aux sympathisants et aux forces vives de la société civile. La révolution numérique doit aussi permettre d’adapter notre fonctionnement à la société actuelle en favorisant les échanges et la co-construction. Enfin, un Parti ne peut fonctionner sans des règles respectées par tous.

  • Des défis pour la France et le Parti socialiste

Dans un contexte international de plus en plus difficile, la France doit faire face à des défis majeurs. Pour autant, elle dispose d’atouts pour poursuivre sa modernisation et son adaptation au monde actuel. Les défis sont nombreux et les solutions ne sont pas aussi simplistes que certains veulent bien le prétendre.

 

Les prochains mois devront permettre la poursuite de nos échanges pour ébaucher ensemble des pistes de réflexions pour répondre à ces défis et être ainsi utile à la France et aux Français.

Christophe COUNIL

Premier secrétaire fédéral

ÊTRE SOCIALISTE AUJOURD’HUI ET DEMAIN

 

CONTRIBUTION DE LA FÉDÉRATION

DE LA SARTHE DU PARTI SOCIALISTE

1 – Quelles sont les valeurs et l’identité des socialistes ?

➢ Assumer le choix de la social – démocratie

En revenant à l’origine de mot socialisme, notre parti doit – il prôner la socialisation des moyens de production ou, au contraire, encourager une économie plus libérale, vers une voie sociale – libérale telle que définie par certains responsables politiques français ?

Il nous apparaît plutôt que la doctrine économique du Parti Socialiste doit se trouver à la croisée de ces chemins. Les errements du collectivisme nous font abandonner la socialisation comme réponse à toutes les difficultés économiques et la lutte de classe comme seul prisme intellectuel pour autant il ne nous faut pas nier l’augmentation des inégalités croissantes depuis la fin de la seconde guerre mondiale et, bien que le niveau de vie et de confort ait augmenté ces dernières décennies, le niveau de pauvreté reste encore inacceptable pour qui défend nos valeurs.

Le Parti Socialiste doit donc encourager et défendre les créateurs de riches ses et d’emploi, comme vecteurs de progrès social et économique mais il doit aussi lutter contre les excès d’un capitalisme prédateur. Il doit être le défenseur de notre système par répartition, hérité de la Libération et être un acteur de la régulation du marché du travail et du marché financier. 

Le Parti Socialiste doit défendre notre conception de l’ État providence, pour une meilleure répartition des richesses et une protection des citoyens quel que soit leur revenu. Nous estimons que cette voie, social – démocrate, doit se construire par le dialogue, avec les partis et organisations partenaires de la Gauche, avec la société civile, avec les syndicats et avec tous les corps intermédiaires afin de trouver des solutions pragmatiques à des problèmes trop complexes pour les réduire à des slogans populistes.

Néanmoins, le Parti Socialiste ne peut rester productiviste comme il l’a longtemps été. Certes, nous croyons au progrès et il doit être pour nous porteur d’un mieux – vivre pour tous mais nous ne pouvons plus nier que les ressources de notre planète sont limitées et que, en ce sens, une croissance n’est envisageable que si elle est durable. Il nous faut réfléchir à une transformation de notre industrie et de notre consommation d’énergie qui respecte le futur de notre planète. Nous nous félicitons donc des accords de Paris lors de la COP 21 car ils posent les bases d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Cette voie social – démocrate et écologique doit nous permettre, par la régulation des acteurs économiques et par la répartition des richesses de mettre l’être humain au centre de nos préoccupations. Notre objectif est de rendre possible l’émancipation de chacun de nos citoyens mais sans pour autant mettre l’intérêt individuel et particulier avant l’intérêt général. Pour permettre cette émancipation, nous devons agir sur ces leviers : Éducation, santé, sécurité … à travers la sauvegarde et le développement de services publics performants. Il nous semble nécessaire que les besoins vitaux de tous soient pourvus et il nous faut pour cela lutter contre les inégalités et les exclusions. Nous prônons la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes, quelle que soit leur origine, religion ou orientation sexuelle. 

Nous faisons donc nôtre la devise de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité. Nous défendons ces valeurs, ainsi que le principe de représentativité de nos institutions car nous sommes un parti qui a vocation à gouverner et qui a laissé sa trace dans l’histoire en étant à l’initiative de la majorité des avancés sociales et sociétales de la France.

Mais ces principes de la République, s ’ ils peuvent être revendiqué par beaucoup, doivent pour nous prendre une dimension internationale car nous revendiquons une ouver ture sur le monde et sur les autres cultures, nous défendons les droits de l’Humain et nous estimons qu’aucun progrès n’est réellement possible s ’ il n’est pas réalis é au niveau de l’Europe ou du monde. 

➢ Être socialiste aujourd’hui

Être socialiste consiste à respecter ses engagements, son mandat, les valeurs portés par le parti. Il consiste à faire campagne activement pour le candidat désigné démocratiquement par l’ensemble des militants. Contrairement à la confiance et au respect qui sont des valeurs modernes, l’opportunisme politique n’est pas une valeur socialiste. 

Être socialiste, c’est être un combattant de la justice sociale, contre les inégalités en France et dans le monde ; pour un mode de fonctionnement démocratique, coopératif contre l’exploitation de l’ Homme par l’ Homme, avec une meilleure rémunération du travail face au capital, pour une répartition des richesses contre l’économie financière libérale qui ravage l’économie réelle et qui ne bénéficie qu’aux plus riches.

Être socialiste, c’est être écologiste en favorisant un mode de production plus respectueux de l’environnement (transports, énergie, chauffage …), en protégeant nos biens vitaux que sont l’air, l’eau, les sols, la biodiversité.

Être socialiste, c’est être en conformité entre la parole, les actes et les valeurs, c’est travailler à l’émancipation des individus quels qu’ils soient et combattre les déterminismes sociaux ou géographiques.

Être socialiste, c’est défendre l’égalité entre les Femmes et les Hommes en promouvant l’égalité de salaire, l’accès des Femmes aux postes à responsabilité et luttant contre toutes les formes de violences faites aux Femmes et de discriminations. 

Être socialiste, c’est assumer la sociale démocratie en agissant pour transformer la société et l’adapter aux temps nouveaux en offrant aux plus modestes ou au plus fragiles le soutien qu’ils sont en droit d’attendre de la solidarité nationale.

Être socialiste, c’est défendre dans tous les territoires de la République nos valeurs et nos idées. C’est prouver dans la conduite des collectivités locales que la Gauche et la Droite ce n’est pas la même chose.

Être socialiste, c’est être en phase avec la société et ses corps intermédiaires si facilement décriés notamment les organisations syndicales et les associations.

Être socialiste c’est promouvoir l’idée européenne pour construire une solidarité continentale entre les peuples et faire de l’Europe une force pour chacun de ses citoyens. 

Être socialiste, c’est être internationaliste en considérant que dans un espace désormais mondialisé, les problèmes des uns sont aussi ceux des autres et que les solutions ne peuvent pas se construire seulement à l’échelle nationale. Les outils existent pour favoriser le développement du Sud ou la mise en œuvre d’une réelle gouvernance internationale mais encore faut – il leur donner les moyens et pouvoirs d’agir .

Être socialiste et préparer un projet, c’est partir de la réalité et tendre vers l’idéal : les utopies d’hier (le droit à la santé, à l’éducation , la journée de 8 h, la sécurité sociale, les libertés publiques, la laïcité, l’assurance chômage, le droit de vote des femmes … ) sont des progrès d’aujourd’hui.

2 – Quel regard portez – vous sur la conquête et l’exercice du pouvoir ?

➢ Des divisions que la Primaire n’a pas su effacer

Être socialiste consiste à respecter les résultats des primaires de la droite et de la gauche de 2017 ont fait sortir deux candidats à l’identité forte mais dans l’incapacité de rassembler leur propre camp. François Fillon, avec un discours très libéral à rebours de l’histoire gaulliste de la droite française a effrayé une droite humaniste et ces « affaires » ont fini d’enterrer sa velléité présidentielle. Benoit Hamon, de l’autre côté, a certes su rassembler un large électorat de gauche lors de la primaire mais il n’a pas su séduire une bonne partie des électeurs traditionnels du PS qui ont trouvé son attitude inacceptable pendant le quinquennat de François Hollande. Les premiers ont finalement choisi Jean – Luc Mélenchon, car il semblait plus à même de se qualifier au second tour de l’élections présidentielle, les seconds ont préféré Emmanuel Macron notamment pour empêcher un second tour Le Pen – Fillon. Il apparaît donc que ces primaires citoyennes de la gauche ne nous ont pas permis de défendre le bilan de François Hollande et ont encouragé un certain dégagisme.

A ce sujet, il convient de noter combien les campagnes de 2012 et 2017 ont été les exacts contraires. En effet, alors que les Primaires de 2012 ont permis de créer une dynamique en faveur de François Hollande, nous avons assisté au phénomène inverse en 2017 tant les sources de fracturation étaient nombreuses notamment autour de notre gestion du pouvoir. Comment ne pas évoquer également, le choix de plusieurs participants à la primaire de tourner le dos à leurs engagements en appelant à voter pour Emmanuel Macron dès le premier tour.

On retrouve cet antagonisme entre 2012 et 2017 également dans la façon dont la campagne a été menée et vécue par les militants. La campagne de 2012 fut dynamique et pleine d’espoirs, avec l’ engagement de tous les militants. Alors qu’en 2017, les tensions autour l’exercice du pouvoir n’ayant pas été réglé par la primaire, Benoit Hamon s’est retrouvé progressivement avec de moins en moins de relais et de militants p our assurer sa campagne malgré l’apport d’EELV. La notion de vote utile qui a si souvent bénéficié aux candidats socialistes, s’est retournée contre Benoit Hamon, une partie de notre électorat trouvant plus utile de voter pour Jean – Luc Mélenchon et une autre pour Emmanuel Macron.

➢ Porter un regard lucide sur notre action gouvernementale

Au – delà de l’analyse de la campagne présidentielle, il nous faut comprendre comment le Parti Socialiste a pu perdre toutes les élections intermédiaires entre 2012 et 2017 , ce qui a détricoté le maillage d’élus de territoire qui caractérisait notre parti, et comment nous avons pu nous retrouver, avant même la primaire, dans une situation telle que tous les sondeurs, fin 2016, nous disaient éliminé dès le premier tour, quel que soit notre candidat. 

Il semble que nos concitoyens reconnaissent nos qualités de gestionnaire des collectivités territoriales , dans lesquelles nous étions très bien implantés avant 2014 et dans certains cas depuis plusieurs dizaines d’années mais l’exercice du pouvoir au niveau national semble pour le Parti Socialiste beaucoup plus problématique, nous n’avons jamais su garder une majorité à l’ Assemblée nationale plus de cinq ans depuis 1981 .

Cet état de fait doit nous faire réfléchir sur notre capacité à mettre en adéquation nos principes et nos convictions avec l’exercice du pouvoir, comment être audible et crédible à la fois quand nous sommes dans l’opposition mais aussi quand nous sommes aux responsabilités. On peut penser que notre capacité à communiquer sur nos réformes et sur notre bilan n’a pas été à la hauteur des enjeux.

Nous pouvons avoir une attention plus particulière sur le mandat présidentielle de François Hollande, qui vient de se terminer.

Nous remarquons tout d’abord que, bien que le gouvernement ait pu s’appuyer sur une majorité absolue grâce au groupe socialiste et républicain à l’assemblée nationale, la Gauche n’était pas rassemblée en 2012, comme elle l’avait pu être dans une certaine mesure en 1981 et en 1997, et la fracture s’est agrandie en 2014 avec le départ des écologistes du gouvernement. De ce fait, sans ce rassemblement de la Gauche (des Gauches ?), la victoire à des élections nationales, présidentielle ou législatives, nous apparaît très compromise. Cette fracturation est certes dû à une attitude très virulente d’un certain nombre de responsables politiques à l’égard du Parti Socialiste mais aussi d’une partie de la gauche de gouvernement.

Concernant le bilan du quinquennat, plusieurs points positifs doivent être mis en avant. On peut, notamment souligner l’exemplarité de François Hollande et du gouvernement face à la vague d’attentats de 2015 et 2016 durant laquelle le Président de la République a eu un comportement rassurant et a su éviter la surenchère alors que la population était à vif. De même, les interventions militaires au Mali, en Syrie, en Irak était nécessaire contre les mouvements terroristes.

Enfin, la liste des réformes engagées pour une plus grande justice sociale fût conforme à nos engagements pour redresser le pays. Les résultats sont là aujourd’hui avec une reprise économique plus soutenue, l’inversion de la courbe du chômage ou encore la réduction des inégalités. Nous sommes fiers des actions entreprises durant ces cinq années.

Néanmoins, certaines réformes ou propositions de réforme ont pu diviser notre électorat, comme la loi travail ou la déchéance de nationalité. De même, des erreurs de communication auraient pu être évitées en mettant davantage l’accent sur le bilan catastrophique des années Sarkozy – Fillon et en évitant les propos optimistes sur les hausses d’impôts (qui ne devaient toucher que les plus riches) et l’inversion de la courbe du chômage.

De même, dans certaines parties du territoire, les fusions de régions ou de communautés de communes ont été l’occasion pour nos adversaires politiques de décrire l’action des socialistes de façon particulièrement négative. Les discours anxiogènes portés par de nombreux élus sur cette question sont également l’une des clés de la progression du Front national dans certains territoires aussi bien ruraux que urbains.

La dernière, et non des moindres, difficulté que le gouvernement a eu à affronter est l’absence totale du Parti Socialiste dans le débat politique. Que ce soit pour défendre l’action du gouvernement, dans les médias ou en initiant des campagnes militantes, ou pour participer de sa réflexion et de ces idées à la mise en place à plus long terme de politique publique, le parti a été inaudible. Il n’a de plus pas su trancher la question des frondeurs et n’a pas su créer en son sein les conditions d’un débat apaisé.

3 – Quels sont les grands défis pour la France ?

Il est difficile en quelques lignes de répondre à un sujet aussi compliqué car l’action de la France ne peut se concevoir uniquement à l’échelle nationale mais s’inscrit , désormais, dans le cadre d’un espace mondialisé dans lequel les acteurs sont multiples et les règles de vie en commun plus que limitées.

C’est pourquoi, la question européenne doit être au centre de notre identité. Face à l’essoufflement de l’idéal européen, l’Europe doit retrouver son rôle de protection au service du progrès social. Cela passe notamment par un renforcement du rôle du Parlement à condition que celui – ci ne soit pas un Parlement des Nations mais bien une assemblée dans laquelle se décide les choix politiques.

Au – delà de ces considérations, ce n’est pas sur cette question que les Forums de la Refondation ont le plus travaillé chacun considérant que les mois à venir permettront d’aller plus loin sur cette question essentielle.

Toutefois, les échanges ont permis de mettre en avant plusieurs défis importants sur lesquels nous estimons que le Parti socialiste devra se pencher dans les mois qui viennent :

– Faire vivre les valeurs de la République en protégeant nos libertés individuelles et collectives, en favorisant l’égalité réelle, en promouvant une fraternité qui dépasse la simple notion de solidarité et en réaffirmant que la laïcité protège chacun dans sa liberté de conscience et d’expression.

– Réduire les fractures territoriales en œuvrant pour le développement de cette France périphériques des campagnes et des villes où les habitants ont le sentiment d’être laissé de côté. Si des évolutions restent nécessaires dans l’organisation de nos territoires, elles doivent être mieux accompagnées et partir de la réalité des territoires vécus.

– Protéger nos concitoyens en refondant les outils qui permettent une réelle solidarité envers les plus fragiles. L’État – Providence reste plus que jamais un concept d’actualité pour assurer l’accès de tous à l’éducation, à la santé, au logement. Dans ce cadre, la question du Revenu Universel doit être examinée avec attention.

– Faire de l’éducation tout au long de la vie une des clés de la réussite individuelle et collective . Cela commence dès le plus jeune âge par un système scolaire permettant l’égalité réelle et plaçant l’enfant au cœur des réformes. L’école de la République doit redevenir aussi celle de la réussite au mérite. Cela se poursuit ensuite dans la vie professionnelle à travers un droit réel à la formation initiale puis continue en lien avec cette sécurité sociale professionnelle que nous avons commencé à mettre en œuvre au quinquennat précédent .

– Placer l’écologie au cœur de notre réflexion pour adapter la France au défi climatique et anticiper les bouleversements qui attendent les générations futures. 

– Redonner au pouvoir politique une forme de primauté sur le pouvoir économique. Pouvons – nous nous satisfaire que les grandes décisions économiques soient désormais prises dans les sièges sociaux des grandes entreprises internationales et non au Parlement et dans les ministères ?

– Accompagner la Révolution numérique dans tous ses aspects que cela soit dans l’entreprise où elle modifie le rapport au travail ou dans notre vie quotidienne en faisant en sorte que la fracture numérique se réduise au même titre que les autres inégalités.

– Repenser les modes de gouvernance de l’entreprise en s’appuyant sur les nombreuses expériences montrant que les salariés peuvent jouer un rôle moteur dans la prise de décisions. A travers cette question, c’est la place de l’Homme dans l’entreprise qu’il convient de poser.

– Permettre l’accès aux soins pour tous c’est à la fois se donner les moyens d’un meilleur équilibre géographique dans la répartition des professionnels de santé mais aussi préserver l’excellence du système de santé français.

– Donner corps à une solidarité intergénérationnelles en anticipant les besoins accrus liés au vieillissement de la population tout en donnant à la jeunesse du pays la possibilité d’exprimer ses talents.

– Redonner tout son sens à l’impôt qui constitue le ciment de la vie collective en assurant le financement des services publics et de la solidarité nationale.

– Réduire les fractures démocratiques à travers l’exemplarité des élus et une évolution de nos institutions notamment à travers le renforcement des pouvoirs du Parlement et l’instauration du vote obligatoire avec comptabilisation des bulletins blancs.

L’ensemble de ces défis ne peuvent trouver de réponses simples et rapides en quelques réunions. Par contre, ils constituent la trame d’un travail collectif qu’il conviendra de mener avec les forces vives de la société. La Refondation du Parti Socialiste passera par le débat d ’idées. La Fédération de la Sarthe du Parti socialiste est prête à s’y engager.

4 – Quels sont les grands défis pour le PS ?

Chacun s’accorde à reconnaître que le Parti socialiste n’est pas mort et qu’il peut retrouver une place centrale en France à condition d’affirmer son identité sociale – démocrate et en renouvelant ses pratiques. 

➢ Quel Parti socialiste voulons – nous ?

Il nous apparaît que le Parti Socialiste est , aujourd’hui, déconnecté de ces concitoyens mais aussi que les militants sont coupés de la Direction du parti. Il doit donc se transformer pour laisser la place à plus de transversalité et d’horizontalité, laisser la place aux initiatives locales et se nourrir de l’expérience des Fédérations. Il n’est plus possible de n’être présent sur le terrain qu’au moment des grandes échéances électorales en concentrant tous nos efforts sur l’élection présidentielle.

Il devra, dans le même sens, analyser et communiquer sur les résultats électoraux et sur l’action politique dans les collectivités territoriales et s’appuyer sur ces réussites locales pour nourrir son action et sa réflexion au plan national.

De même, le Parti socialiste a besoin d’être réellement dirigé avec la capacité à faire respecter les règles internes qui sont la base de la vie en commun au sein d’une même organisation.

Les militants doivent redevenir le cœur du Parti socialiste. Cela passe par le respect des votes et une meilleure association aux choix politiques. Trop de militants ont le sentiment d’être méprisé par l’appareil politique en dehors des périodes de campagne électorale.

Si l’augmentation du nombre de militants doit rester l’une de nos priorités, il ne faut pas oublier que la force du PS repose aussi sur ses sympathisants qui doivent être plus associés à notre vie interne tout en laissant aux militants le pouvoir décisionnaire. 

L’organisation du PS doit également mieux prendre en compte la révolution « Internet » à travers des outils participatifs en ligne mais également l ’organisation des votes par internet.

Ce travail de refondation doit prendre une dimension européenne. Il nous semble primordial de poser les bases d’un programme commun pour les élections de 2019 avec les autres partis socialistes européens. 

De même, la préparation des élections locales de 2020 et 2021 doit absolument être une des priorités du Parti pour ces prochaines années car le PS jouera une partie de sa survie suivant sa capacité à rester un acteur essentiel dans la gestion des territoires. 

Enfin, comment ne pas évoquer la question des alliances et de la nécessaire discussion avec les autres formations de gauche. C’est un élément indispensable à prendre en compte pour pouvoir rebondir. Entre l’outrance de la France insoumise et la tiédeur de la République en Marche, il y a de la place pour un vrai bloc social – démocrate et écologiste.

➢ Quel rôle et quelles actions pour les Fédérations ?

Au niveau des Fédérations, il nous appartient de nous rapprocher de la société civile et des forces vives de nos territoires, en militant en dehors des campagnes électorales et en tenant des débats. La question posée lors d’un Forum sur la différence entre les « socialistes des villes » d’un côté et les « socialistes des campagnes » de l’autre reste totalement d’actualité.

Il nous faut produire plus d’écrit, tenir compte de nos réunions et de nos échanges pour faire avancer les débats au sein de notre parti. A ce sujet, la question de la formation des militants doit redevenir un enjeu central.

Pour cela, les Fédérations ont besoin d’être davantage soutenues par le PS national cela passe par une meilleure information des cadres fédéraux, la transmission régulière d’argumentaires mais aussi par le soutien financier. 

➢ La place des élus – es au sein du Parti socialiste

Sur la question des élues – es, il faut revenir à des pratiques plus saines que par le passé notamment lors de la désignation des candidats – es en mettant fin au parachutage et en privilégiant la désignation de candidats – es ayant un réel ancrage et dont l’engagement est reconnu.

L’action des élus – es doit également prendre en compte le non – cumul des mandats notamment dans le temps. Enfin, il est nécessaire d’instituer l’obligation de rendre compte de son mandat régulièrement aux militants.

Dans les territoires de conquête et notamment en zone rurale, le Parti doit anticiper davantage le choix des candidat – es pour leur permettre de travailler leur implantation et le travail de réseau sur la durée. Il n’est plus possible de désigner nos candidats – es, quelques mois avant l’échéance.

5 – Une réflexion spécifique sur la réforme des statuts du PS

Nos statuts c’est l’ensemble des règles qui organisent notre vie commune. La première question que l’on doit se poser est de savoir si nous voulons des règles de vie commune ? A l’affirmative, le premier engagement que nous devons prendre tient à l’application de ces statuts, tout le temps et pour tout le monde.

Cette contribution veut affirmer notre attachement à ce premier principe : les statuts dont nous dotons notre organisation politique doivent être respectés.

C’est d’abord nos organes nationaux qui doivent en prendre conscience car aucune Fédération ne pourra efficacement faire appliquer les statuts sans leur volonté et leur travail. Cohérence, fidélité, intégrité vis à vis de nos principes ; tels sont les attentes de nos électeurs et de nos militants. Cela doit s’appliquer aussi à notre pratique des statuts.

Pour beaucoup de nos adhérents, le constat est sans appel : le Parti socialiste n’a pas évolué aussi vite que la société et le monde politique qui l’entoure. 

C’est l’objet des débats des forums de la refondation et c’est le constat qui nous a aussi conduit en Sarthe à questionner nos statuts et notre pratique des statuts. Nous regrettons d’ailleurs que le national n’ait pas demandé aux fédérations de réfléchir sur la forme autant que sur le fond. 

Nous avons donc souhaité proposer des évolutions statutaires qui redonnent confiance et envie de s´engager et travailler à tous les acteurs de notre mouvement, en assurant l’ouverture du Parti, en améliorant les dispositifs de démocratie interne et le dialogue entre les instances locales et nationales, entre les militants et ces instances.

➢ Un parti plus accueillant

Aujourd’hui, nos concitoyens s’engagent plus facilement en politique dans des formes plus réactives à l’actualité. On a par exemple de nombreuses pétitions sur des thèmes variés qui réunissent en quelques semaines des centaines de milliers de signatures, des mobilisations spontanées. Pour autant, les citoyens mobilisés sur ces modes moins prenants ne sont généralement pas prêts à s’engager sur le long terme ou dans un parti politique à temps plein. Ils ne voient pas forcément l’intérêt de donner suite à leur engagement à cause du discrédit des politiciens dans la société ou n’ont pas forcément le temps de se plier aux formes contraignantes des partis politiques.

Nous pensons que le Parti socialiste doit s’adapter à cet état de fait et devenir un lieu plus ouvert aux sympathisants « occasionnels », à leur participation et à leur présence aux débats, aux manifestations ainsi qu’aux aux campagnes électorales.

En effet, nous constatons que des mouvements politiques récents ont permis une adhésion gratuite ouvrant un droit à l’information et à la participation, et nous pensons qu’au Parti socialiste, nous pourrions créer un statut officiel de ce type, ce qui serait une invitation à décider d’un premier pas dans l’engagement politique, une reconnaissance de cet engagement, tout en distinguant les sympathisants des militants qui conserveraient des droits supplémentaires. Ainsi, nous pourrions statuer sur trois dispositifs d’adhésions : l’adhérent sympathisant à l’inscription gratuite, l’adhérent souhaitant juste cotiser sans forcément participer ainsi que le « militant cotisant ».

➢ Des relations militants/national plus efficaces

Avant d’être représentants de motions, nous souhaiterions que les secrétaires nationaux soient élus en étant avant tout représentatifs de tous les territoires.

Aussi, la vision du Parti socialiste semble, depuis quelques années, dictée par les think tanks ( F ondation Jean Jaurès, Terra Nova ), donnant l’impression aux militants d’être pris en otage au lieu d’être écouté pour choisir notre propre projet de société. Il nous semble temps de réaffirmer à travers la réglementation nationale que c’est bien aux adhérents de choisir la ligne qui définit notre parti. 

Pour répondre à l’argumentaire des problématiques soulevées au sujet des difficultés à obtenir une réponse réactive de nos adhérents sur un sujet, nous souhaitons que le Parti socialiste inscrive dans sa réglementation l’obligation d’utilisation d’une plateforme numérique collaborative qui améliorerait l’information des militants, et permettrait une consultation plus efficace.

Toutes les décisions ne peuvent pas être prises par les instances nationales sans concerter ceux qui nourrissent par leurs idées et leur investissement le Parti. La consultation par les moyens numériques doit permettre des réponses collectives même dans l’urgence.

A contrario, en vue des votes importants pour la vie du Parti, les textes doivent être soumis dans des temps assez longs pour permettre leur bonne appréhension. Il pourrait d’ailleurs être pertinent de proposer aux fédérations la possibilité de réaliser des amendements à une première mouture nationale, plutôt que de laisser les choix entre les mains de quelques représentants choisis au sein des motions.

Toujours concernant la réglementation nationale, il nous paraît pertinent que le vote à bulletin secret devienne systématique. Egalement, dans le cas d’élections de liste ou de motion, passer au scrutin à la proportionnelle avec 50% des sièges attribués au vainqueur et répartition des autres 50% à la proportionnelle pure permettrait de dégager une vraie majorité évitant les synthèses ou les alliances parfois compliquées.

➢ Les élus du Parti socialiste

Nous souhaiterions que soit réaffirmée l’intérêt que les élus présentent leur compte – rendu d’actions aux militants, en indiquant dans la réglementation nationale une périodicité des retours afin de rendre plus homogène l’infor mation dans nos territoires. Nous pensons également qu’il faudrait se doter d’un barème national des cotisations des élus, l’inégalité étant réel entre les différentes fédérations sur ce point.

➢ Des primaires qui posent question

Si les adhérents ne partagent pas la même position sur les primaires et la nécessité de leur suppression ou de leur maintien, il y a une unanimité sur l’intérêt de ne pas en organiser lorsque le Parti est aux responsabilités nationales.

Au – delà, que la primaire soit interne ou externe, il ressort qu’un programme commun permette plus d’unité que la désignation du projet d’une personne, la question relevant de l‘incarnation du projet de société du Parti et de qui sera à mène de le tenir et de l’améliorer plutôt que la question de l a personnification.