[CP] Parcoursup : une rentrée tourmentée et des conséquences négatives attendues à long terme sur les inégalités sociales

La loi « ORE » promulguée le 6 mars dernier a introduit, entre autres, la possibilité pour les établissements d’enseignement supérieur de sélectionner les étudiants. Pour effectuer cette sélection la plateforme « parcoursup » a été mise en place et avec elle la possibilité pour les responsables de formation d’avoir recours à un algorithme d’aide à la décision.

A ce jour après une première année de mise en œuvre, la réalité est tout autre et le Parti Socialiste de la Sarthe souhaite alerter sur les défaillances de ce nouveau système et ses conséquences négatives attendues sur les inégalités sociales à long terme.

Les défaillances avérées de la plateforme « parcoursup » :

D’une part, le retour d’expérience global des responsables de formation est clair : l’algorithme utilisé n’est pas comme il devrait l’être « un outil d’aide à la décision » pour sélectionner les candidats mais bien le preneur de décision avec dans certaines Universités des milliers de candidats par formation et une impossibilité matérielle pour les enseignants de traiter physiquement les dossiers. La sélection s’effectue donc la plupart du temps uniquement sur le critère de résultat du candidat et presque jamais sur ses compétences et motivations comme ce devrait-être le cas en théorie.

D’autre part, ce système a engendré et engendre encore bien des inquiétudes chez les tout jeunes bacheliers. Ainsi, à ce jour, plus de 2 000 candidats sont toujours dans l’expectative, sans parler des 45 000 dont on ne parle plus, les « inactifs » (ceux qui ne se seraient plus manifestés); une inquiétude non seulement pour ces jeunes gens mais également pour les établissements de l’enseignement supérieur qui doivent s’adapter pour finaliser l’organisation de la rentrée jusqu’au 21 septembre. Une situation stressante donc pour un grand nombre de jeunes dont l’avenir très proche est quelque peu nébuleux sans parler des futurs étudiants qui, ayant eu une réponse définitive tardive, peine à trouver un logement.

Le risque d’éloigner les jeunes issus des milieux les moins favorisés des études supérieures :

On sait que les différences de résultats au lycée sont fortement corrélées au milieu social dans lequel les élèves évoluent. En moyenne, les élèves qui obtiennent les meilleurs résultats scolaires sont issus de milieux sociaux relativement favorisés et inversement, en moyenne, les élèves qui obtiennent les moins bons résultats sont issus des milieux sociaux les moins favorisés. La sélection basée sur les résultats telle qu’elle est organisée va favoriser la reproduction des inégalités sociales en mettant un obstacle supplémentaire aux candidats des milieux les moins aisés qui auront encore moins de chance d’accéder à l’enseignement supérieur. Ceci est d’autant moins acceptable que l’Université constitue une nouvelle étape dans le parcours de formation et beaucoup d’étudiants qui n’entraient pas dans le moule au lycée réalisent des parcours remarquables à l’Université. Service public de l’enseignement supérieur, véritable révélateur de talent, lieu où s’exprime l’autonomie, et où se développe l’esprit critique, l’accession à l’Université ne peut donc reposer uniquement des critères de résultats !

Le Parti Socialiste de la Sarthe indique que cette réforme s’inscrit dans un ensemble de choix politiques cohérents qui n’ont pas pour objectif et n’auront pas pour effet d’améliorer les conditions d’existence de tous les français mais bien un accroissement des inégalités.